Les enjeux de la généralisation de la “réponse accompagnée pour tous”

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A l’occasion de la journée nationale consacrée à la “réponse accompagnée pour tous”, le 2 février, la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées est revenue sur les leviers qui permettront d’atteindre la généralisation de cette démarche : changement de paradigme pour les MDPH, simplification administratives, transformation de l’offre d’accompagnement “trop binaire” ou encore une future feuille de route nationale consacrée à la pair-aidance.

“N’avoir plus aucune solution d’accompagnement pour une personne dont le comportement est trop violemment instable est inadmissible”. C’est par cette citation du rapport “Zéro sans solution” de Denis Piveteau que la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, a ouvert la journée nationale portant sur la démarche “une réponse accompagnée pour tous”, le 2 février.

Lancée fin 2015, cette démarche est destinée à répondre aux situations de personnes handicapées présentant des troubles lourds – notamment comportementaux – et qui se retrouvent sans solution d’accompagnement. Pilotée par Marie-Sophie Desaulle, elle s’appuie sur le rapport “Zéro sans solution” de Denis Piveteau, remis en juin 2014 et entériné par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, dite loi “santé”.

La généralisation de la “réponse accompagnée pour tous”, au 1er janvier 2018, arrive à un moment opportun, a indiqué la secrétaire d’Etat. Elle permet ainsi de s’appuyer sur son principe fondamental, l’individualisation des parcours, pour mettre en œuvre la feuille de route donnée par le Premier ministre, celle visant à améliorer la qualité de vie des personnes en situation de handicap, avec un cap clair, celui d’une société inclusive.

A cet effet, deux chantiers, en lien avec “la réponse accompagnée pour tous”, ont également été mis en œuvre, a rappelé Sophie Cluzel :

  • l’amélioration de la scolarisation des élèves en situation de handicap ;
  • le lancement de l’élaboration du 4e plan autisme, qui sera annoncé à la mi-mars.

En outre, l’offre d’accompagnement des personnes en situation de handicap doit se transformer afin de sortir d’une logique encore “trop binaire”, a souligné la secrétaire d’Etat. Cette mutation doit permettre de moduler au mieux l’intensité de l’accompagnement en fonction du besoin des personnes et de leurs projets de vie. Pour ce faire, il faut que chaque contrat d’objectifs et de moyens soit porteur de la transformation de l’offre en intégrant en leur sein la dimension de conduite du changement et de l’évolution des pratiques professionnelles, a-t-elle indiqué.

Les MDPH au service de l’accompagnement

Au cœur de la démarche “une réponse accompagnée pour tous”, les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) doivent revenir à leur ambition première : sortir de la logique du guichet administratif et devenir un lieu de soutien dans la construction du projet de vie, d’orientation dans les dispositifs et les réponses, et surtout un lieu de suivi de leur effectivité, a précisé Sophie Cluzel.

Ce souhait, partagé par les directeurs de MDPH, est un “réel changement de paradigme”, a indiqué la vice-présidente de l’association des directeurs de MDPH, Françoise Ménès.

Différentes mesures doivent être mises en place pour répondre à ces enjeux, selon Françoise Ménès :

  • la sécurisation des crédits alloués aux MDPH dans le cadre du déploiement de “la réponse accompagnée pour tous” ;
  • la mise en œuvre de mesures de simplifications afin que le personnel des MDPH puisse consacrer du temps à l’évaluation et à l’accompagnement individualisé des personnes en situation de handicap.

Sur ce dernier point, la mise en place du nouveau formulaire de demande, mesure de simplification mise en œuvre au cours de l’année 2017, avait notamment permis de remettre au cœur de l’évaluation les besoins et le projet de vie de la personne, a relevé Stéphane Corbin, directeur de la compensation de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Par ailleurs, de nouvelles pistes de simplification dans le champ du handicap, dans l’objectif de faciliter l’accès au droit, sont en cours d’élaboration, a fait remarquer un peu plus tôt la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées.

Replacer l’individu au cœur de son parcours

“Mieux répondre aux besoins des personnes ne peut se faire sans [les personnes handicapées], a souligné Sophie Cluzel. La place qui leur est consacrée, à elles et à leurs proches, doit être renforcée. Et l’autonomie et l’autodétermination doivent devenir des objectifs incontournables de tout projet d’accompagnement, a-t-elle insisté

La pair-aidance est un outil adapté pour donner aux personnes en situation de handicap et à leur famille la confiance nécessaire pour aller vers plus d’autonomie et faire des choix audacieux, a estimé la secrétaire d’Etat. A cet effet, une feuille de route nationale sera consacrée à la pair-aidance afin d’échanger les pratiques et mettre à disposition des outils, a annoncé Sophie Cluzel.

ASH

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