Gouvernement Castex : le social et le handicap relégués

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La formation du premier gouvernement Castex a livré ses premiers enseignements. L’ordre protocolaire égrené depuis le perron de l’Elysée témoigne que la question sociale risque de ne pas être au premier rang des préoccupations des deux dernières années de mandat d’Emmanuel Macron.

Le ministre de la Santé et des Solidarités conserve son siège. Mais Olivier Véran occupe… le 12e rang dans la liste des ministres annoncés ce 6 juillet à l’occasion de l’annonce de la composition du gouvernement de Jean Castex, le nouveau Premier ministre. Il arrive ainsi bien après la ministre des Armées (5e rang), de l’Intérieur (6e) ou de l’Outre-Mer (8e).

Une ministre déléguée de l’autonomie, Brigitte Bourguignon, est placée sous sa responsabilité. C’est à elle que reviendra la charge de travailler sur la 5e branche annoncée de l’assurance maladie. Mais dans l’attente de la nomination des secrétaires d’État, nul ne sait pour l’heure si les personnes handicapées conserveront un représentant. C’était jusqu’à présent Sophie Cluzel qui portait le dossier. Elle était rattachées au Premier ministre, signe de la dimension transversale de sa mission.

Le sort réservé aux personnes âgées, qui n’avaient pas de responsable gouvernemental dédié, reste aussi en suspens. Aucun ministre délégué ne leur a pour l’instant été dédié.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. La nomination de Brigitte Bourguignon semble plutôt bien accueillie au sein du secteur associatif représentant les personnes en situation de handicap qui pointent le fait qu’elle a appartenu au Parti Socialiste et qu’elle a présidé la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Méfiance de la société civile

Pour le reste, le Collectif handicaps observe sur Twitter : « le remaniement ne donne pas une place claire à la politique du handicap et aux 12 millions de personnes handicapées. » Le Conseil national consultatif des personnes handicapées, félicite quant à lui le gouvernement mais prévient : « Il est encore trop tôt pour renoncer à un ministère dédié au handicap ».

Le ministère du logement est  désormais confié à Emmanuelle Wargon, et son ministère délégué est rattaché à celui de la Transition écologique et plus à celui de la cohésion du territoire comme dans le gouvernement précédent. Le ministère de la Ville, confié à une nouvelle tête, Nadia Hai, reste, lui, dans le giron de Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales). Enfin, et sans doute cela est-il dû à l’ampleur de la crise économique et sociale qui s’annonce, une ministre déléguée à l’insertion, Brigitte Klinkert, rejoint le rang des ministres et se voit placée sous la responsabilité de la nouvelle ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, à savoir Élisabeth Borne.

Elle devrait travailler en étroite collaboration avec Thibaut Guilluy, apprécié des acteurs du secteur, haut-commissaire à l’inclusion dans l’emploi et à l’insertion dans l’entreprise. Du moins s’il accepte de rester en poste après le départ de Muriel Pénicaud, désormais ex-ministre du Travail, avec qui il œuvrait depuis sa nomination en Conseil des ministres en mars dernier.

Pour l’heure, planent donc encore nombre d’incertitudes pour les acteurs du champ social et médico-social sur le nom de leurs interlocuteurs et sur les marges de manœuvre qui seront les leurs pour les deux dernières années de mandat du chef de l’État.

ASH

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