Nouveau gouvernement : peu de place, dans les intitulés, pour les portefeuilles sociaux

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Dix jours après son élection à la tête de l’Etat, Emmanuel Macron a constitué le 17 mai, avec son Premier ministre Edouard Philippe (46 ans) – maire (LR) du Havre depuis 2010 et député de la Seine-Maritime depuis 2012 -, son premier gouvernement. Une équipe composée de 22 membres, dans laquelle la parité a été strictement respectée : 16 ministres (neuf hommes et sept femmes) y figurent, auxquels s’ajoutent deux ministres femmes, rattachées chacune à un ministère, et quatre secrétaires d’Etat (deux femmes et deux hommes) rattachés à Matignon. A noter la présence de deux ministres sortants, Jean-Yves Le Drian et Annick Girardin. Mais aussi et surtout l’absence, au moins dans les intitulés, de portefeuilles dédiés à la lutte contre l’exclusion, à la ville, au logement, aux personnes âgées, à la famille, à l’enfance et à la jeunesse. Pas de trace non plus du “ministère plein et entier des Droits des femmes”, annoncé par Emmanuel Macron sur son compte Twitter le 28 avril.

Trois ministres d’Etat

Sénateur du Rhône depuis 1999, maire (PS) de Lyon depuis 2001 et président de la métropole de Lyon depuis 2015, Gérard Collomb devient ministre de l’Intérieur. Soutien d’Emmanuel Macron pendant toute la campagne présidentielle, il décroche, à presque 70 ans, son premier portefeuille ministériel. Il devra notamment mettre en place la “police de sécurité quotidienne”, plus proche du terrain et mieux “intégrée dans les quartiers”, promise par Emmanuel Macron.
Deuxième dans l’ordre protocolaire, Nicolas Hulot (62 ans) a été nommé ministre de la Transition écologique et solidaire. Animateur sur TF1 d’Ushuaïa de 1987 à 2011, militant écologiste, il a plusieurs fois voulu se lancer dans le grand bain politique. A un mois de l’élection présidentielle, il avait lancé “un appel des solidarités”, avec près de 80 associations et organisations non gouvernementales. L’objectif était d’inviter le plus grand nombre de citoyens à faire des propositions pour – notamment – lutter contre les inégalités et à pousser les politiques à en faire “la pierre angulaire de leurs actions”.
Troisième ministre d’Etat, François Bayrou (65 ans) a été nommé garde des Sceaux. Le président du MoDem affiche 35 ans de mandats politiques au compteur. Maire de Pau depuis 2014, élu conseiller général des Pyrénées-Atlantiques en 1982 puis député des Pyrénées-Atlantiques en 1988, il a été deux fois ministre de l’Education nationale (sous François Mitterrand, puis sous Jacques Chirac) et trois fois candidat à l’élection présidentielle.

Un médecin aux Solidarités et à la Santé

Le ministère des Solidarités et de la Santé, 7ème dans l’ordre protocolaire, revient au médecin Agnès Buzyn (54 ans), à la tête de la Haute Autorité de santé depuis un peu plus de un an. Celle qui succède à Marisol Touraine, sans avoir de secrétaire d’Etat rattaché à son portefeuille, a été responsable de l’unité de soins intensifs d’hématologie adulte et de greffe de moelle à l’Université Paris V-Hôpital Necker de 1992 à 2011 et a dirigé une équipe de l’Inserm travaillant sur l’immunologie des tumeurs à l’Institut Cochin-Paris V de 2002 à 2006. Cette scientifique et experte du terrain a été, au cours de sa carrière, membre du conseil scientifique ou du conseil d’administration de plusieurs organisations du champ de la médecine et de la recherche. Cette professeure en hématologie a notamment été présidente de l’Institut national du Cancer de fin mai 2011 au 7 mars 2016, date à laquelle elle a été nommée présidente du collège de la Haute Autorité de santé, une première pour une femme dans l’histoire de l’instance, en conservant une consultation à l’hôpital Saint-Antoine. Elle venait d’être fraîchement renouvelée à ce poste, le 10 avril dernier.

Une secrétaire d’Etat pour les personnes handicapées

Seule figure issue du champ associatif social et médico-social, Sophie Cluzel (56 ans), présidente de la Fnaseph (Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap) depuis 2011, a été nommée secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées. Avec cette particularité : elle ne sera pas rattachée, comme c’est traditionnellement le cas, à la ministre des Solidarités et de la Santé, mais au Premier ministre, traduisant sans doute le souhait d’Emmanuel Macron de faire du handicap l’une des priorités de son quinquennat. Mère de quatre enfants, dont une fille trisomique née en 1995, Sophie Cluzel a fondé différentes associations de scolarisation d’enfants handicapés dont le collectif SAIS (Service d’accompagnement et d”information pour la scolarisation des élèves handicapés) 92 et l’association Grandir à l’école. Elle a également été administratrice de l’Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis) de 2011 à 2013. En janvier 2012, elle avait été à l’initiative du premier Grenelle de l’intégration des jeunes handicapés dans la société, au cours duquel une cinquantaine d’associations avaient rédigé une plateforme de mesures transmises aux candidats à l’élection présidentielle de cette année-là.
Conseiller régional de Bretagne depuis 2010 et député (PS) du Finistère depuis 2012, Richard Ferrand prend la tête du ministère de la Cohésion des territoires, un nouvel intitulé qui laisse planer le doute sur le périmètre de ses attributions. Le logement devrait toutefois en faire partie (une passation de pouvoirs a en effet été organisée le jour même entre le nouveau ministre et Emmanuelle Cosse). Placé en sixième position au rang protocolaire, Richard Ferrand fait partie de la garde rapprochée du nouveau président de la République, puisqu’il a été le premier parlementaire socialiste à rejoindre le mouvement En marche ! d’Emmanuel Macron, dont il est le secrétaire général depuis octobre 2016.

ASH

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