“Territoires 100 % inclusifs” : un label modèle ?

Des “territoires 100 % inclusifs” ? Trois départements ont déjà été labellisés qui misent sur la mobilisation de tous les acteurs locaux pour améliorer la qualité de vie des personnes handicapées. Dans tous les domaines !

Le territoire de demain sera « 100 % inclusif». C’est en tout cas le souhait de Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat en charge des Personnes handicapées. Pour tâter le terrain auprès des départements français, elle a lancé un « appel à la manifestation d’intérêt (Ami) » aux 102 présidents de conseils départementaux, en septembre 2018. Sur les 25 qui ont répondu, trois départements pilotes ont été labellisés « territoires 100 % inclusifs » : la Manche, le territoire de Belfort et la Gironde.

Des parcours plus fluides

Cette démarche vise à renforcer la participation et la coordination de l’ensemble des acteurs engagés en faveur de l’amélioration la qualité de vie des personnes handicapées : école, entreprise, loisirs… L’objectif : lutter contre les ruptures de parcours. « Il s’agit d’offrir une palette de solutions répondant aux attentes exprimées par les personnes, des solutions souples et agiles, ré-ajustables », explique Sophie Cluzel. Elle s’est rendue dans plusieurs départements volontaires, et notamment en Gironde le 11 janvier 2019. Dans le cadre de cette expérimentation, ils avaient jusqu’au 30 mars 2019 pour envoyer une feuille de route « très précise » sur les initiatives mises en place sur leur territoire.

L’engagement girondin

La Gironde promet un package complet sur cinq axes prioritaires, faisant écho à ceux définis par le CIH (Comité interministériel du handicap) en septembre 2017. C’est, par exemple, favoriser l’inclusion des enfants handicapés en accueil périscolaire et dans les centres de loisirs, développer des modes de vie partagés ou référencer les lieux culturels, sportifs et de loisirs accessibles. Le dernier engagement mais sans doute le plus « emblématique » : l’exercice de la citoyenneté et l’accès aux droits. « L’enjeu est d’intégrer les personnes concernées au déploiement de cette politique publique », précise-t-elle. Le département a opté pour un travail de co-construction avec les citoyens via deux journées de concertation. « La première était destinée aux personnes handicapées afin qu’elles puissent apporter leur vision d’un territoire inclusif et la seconde faisait appel aux acteurs co-signataires (institutions, collectivités, associations, partenaires…) », explique Amélie Laborde, cheffe de projet.

Formulaire MDPH en FALC

La MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) s’est, quant à elle, engagée à simplifier le parcours des personnes, via, notamment, un nouveau formulaire, « plus accessible » et rédigé en Facile à lire et à comprendre (FALC), ou encore le recours à l’intelligence artificielle pour un traitement plus rapide de certains dossiers. Promesse tenue ? « Cela fait partie des actions phares de notre feuille de route, réagit Amélie Laborde. L’une de nos premières démarches a d’ailleurs été de créer une vidéo pour montrer comment remplir et s’approprier ce nouveau formulaire. Elle sera publiée prochainement sur les réseaux sociaux et la plateforme Mobalib. » Si la première partie de cette feuille de route a été rendue en temps et en heure, la Gironde doit livrer, dans les prochains jours, la seconde partie, qui définit la méthodologie commune employée pour sa construction.

Transformation de l’offre médico-sociale

« Cette démarche nationale doit déboucher sur la transformation des pratiques qui vont devenir une norme, indique Amélie Laborde. Le secteur spécialisé tels que les établissements médico-sociaux doivent faire évoluer leurs pratiques et ont vocation à disparaitre comme lieu d’hébergement et de vie des personnes. En cela, les territoires pilotes apparaissent comme des départements ressources qui vont impulser le mouvement. » Pour Jean-Luc Gleyze, président du conseil départemental de la Gironde, « notre objectif prioritaire est de permettre à chacun de mener son projet de vie », cherchant donc « les moyens d’autonomie les plus adaptés : du domicile à l’habitat partagé, de la famille d’accueil aux établissements ». Le principe : partir du projet de vie des personnes et adapter l’environnement en fonction de leurs besoins et non leur imposer un mode de fonctionnement. Selon lui, cette initiative devrait aboutir à « un accès au droit réel et à l’ouverture de nouveaux droits ». A terme, cette expérimentation doit être généralisée dans tous les territoires.

Handicap.fr