Référent handicap obligatoire en entreprise : quel profil ?

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La loi Avenir professionnel impose aux entreprises de 250 salariés et plus d’avoir un référent handicap. Le 29 janvier 2019, ils étaient près d’une centaine à plancher sur l’intérêt de leur poste, lors d’un atelier organisé par l’Agefiph à Paris.

Quais de Seine. Lumières tamisées. Un bar. Des chaises assemblées. Une centaine de personnes… Un speed-dating géant en perspective ? Loin de là, plutôt un long-meeting ! C’est dans cette ambiance décontractée que l’Agefiph (Association pour l’insertion des personnes handicapées dans le privé) a organisé, le 29 janvier 2019, un atelier sur la fonction du « référent handicap ». Michelin, Vinci, Total… 80 entreprises sont réunies pour plancher sur la définition « idéale » de ce référent. Quels services offre-t-il à l’entreprise mais aussi à ses partenaires ? Vous avez quatre heures…

Référents handicaps : une obligation

Ce groupe de travail a été mis en place dans le cadre de la concertation sur l’offre de services pour l’emploi des personnes handicapées, engagée par l’Etat à la suite de l’adoption de la loi Pour la liberté de choisir son avenir professionnel. La législation impose désormais aux entreprises de 250 salariés et plus de nommer un référent handicap. Selon Hugues Defoy, directeur du pôle métier de l’Agefiph, l’objectif est « d’outiller les acteurs pour qu’ils inscrivent le handicap dans le champ de la politique RH (ressources humaines) ». Pour produire un contenu riche qui prenne en compte les attentes du plus grand nombre, l’association a choisi de mutualiser les propositions de diverses entreprises afin d’établir « un référentiel du profil et des missions du référent handicap, identifier les outils dont il pourrait se servir et définir ses besoins de formation ».

Rôle : informer, accompagner

Les groupes sont répartis dans plusieurs ateliers. La question est toujours la même, seule la cible change : « Quels services, actions, activités le référent handicap offre-t-il aux partenaires sociaux ? aux managers ? à l’ensemble des collaborateurs ? aux travailleurs handicapés ?… » Après plusieurs heures de réflexion, les idées jaillissent : « Le référent informe l’entreprise sur les différentes typologies de handicap, accompagne le travailleur handicapé dans son parcours d’intégration », doit « mettre en place des formules de sensibilisation en e-learning ou présentiel, professionnaliser le recrutement de personnes handicapées, informer le manager des relais existants (médecin du travail, Cap emploi…), mettre en visibilité les bonnes pratiques »…

Personne ressource

« Le référent handicap est une personne ressource, il incarne le sujet du handicap et fait le lien entre les différents acteurs qui composent l’entreprise mais aussi avec l’extérieur. C’est la cheville ouvrière de la politique handicap, résume Hugues Defoy. Il a une fonction transverse et est capable de parler aux salariés, au médecin du travail, à l’ergonome, au service achats… » Pour Gérard Lefranc, directeur de la mission insertion chez Thales, « il est absolument nécessaire que les personnes handicapées soit entendues, et le référent peut porter cette parole. » Thales emploie 50 référents handicap, « un sur chaque site », précise-t-il, et fait figure de « précurseur ». Selon lui, le handicap ne doit pas être perçu comme « une contrainte mais une richesse », d’où la nécessité d’employer un référent handicap qui pourra proposer des solutions concrètes d’aménagement de postes. « Plus de télétravail et moins de contact avec les clients pour les salariés qui présentent des troubles psychiques », propose Gérard Lefranc, à l’origine du diplôme universitaire « Référent handicap secteur privé », de l’université de Créteil.

Une boite à outils

A l’autre bout de la pièce, d’autres groupes sont chargés d’alimenter la boîte à outils de l’Agefiph en proposant notamment des solutions de communication. « Pourquoi pas un escape game pour sensibiliser aux handicaps invisibles ou aux troubles dys ? », lance l’un d’eux. Après plusieurs heures, les langues se délient, ceux qui ne s’étaient jamais rencontrés échangent leur numéro et promettent de se revoir. « C’est aussi ça l’objectif de ces journées : réaliser un travail en co-construction, entre pairs, et faire du réseau », indique Hugues Defoy. L’Agefiph assure avoir pris note de chacune des propositions formulées lors de cet atelier et promet de « retravailler cette matière » pour l’insérer dans son compte-rendu attendu en avril 2019.

Dans le même temps, cette même loi rend aussi obligatoire, depuis le 1er janvier 2019, un référent handicap dans chaque Centre de formation des apprentis.Le 29 janvier 2019, Muriel Penicaud, ministre du Travail, et Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au handicap, se sont rendues dans un CFA exemplaire près de Meaux (77) pour promouvoir cette démarche (article en lien ci-dessous). Pour que les organismes de formation s’emparent, eux aussi, du sujet…

Handicap.fr

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