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Conseil
Général de la Gironde : Pour gagner le pari de l'intégration
!
Faire
du handicap une cause nationale ne suffit pas pour travailler
à l'intégration durable des handicapés. Le Conseil Général
entend agir au-delà des seuls symboles !
«II
nous faut placer la personne handicapée au cœur des
dispositifs que nous mettons en place. C'est en partant
de l'individu, de son environnement, de sa famille,
dans la compréhension de ce qui fait sa vie quotidienne
que nous pouvons être efficace. La question du handicap
ne se résout pas en vase clos mais avec une réelle ouverture
sur l'ensemble de la société...»
Ainsi,
Bernard Garandeau, Vice-Président du Conseil Général,
chargé de la Solidarité, place-t-il avec passion la
barre très haut. Un défi d'autant plus difficile à relever
que la situation sur le terrain n'est pas des plus simples.
« Elle est même préoccupante. Comme l'ensemble de la
population, les personnes handicapées vivent plus longtemps.
Leur vieillissement et du même coup, leur dépendance
accrue voilà qui va appeler de nouvelles solutions.
D'autre part, il y a une extrême diversité des handicaps,
ce qui implique des modes d'accompagnement et d'intégration
très différents. Enfin, nous subissons la complexité
des responsabilités partagées sur la question, en particulier
entre l'Etat et le Département » ajoute Bernard Garandeau.
Un
jeu de compétences croisées qu'entend simplifier la
Loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation
et la citoyenneté des personnes handicapées, adoptée
par le Parlement en ce début d'année... Une Loi qui
ne doit pas cacher la tendance au désengagement de l'Etat,
conduisant le Département a agir bien au-delà de ses
seules prérogatives institutionnelles.
Les
preuves par les exemples
En
adoptant, dès 1998, son Schéma départemental des établissements
et services pour les personnes handicapées de la Gironde,
le Conseil Général a confirmé sa volonté d'agir au-delà
de ses obligations. Une attitude qu'a renforcé le règlement
départemental d'aide sociale, validé par l'Assemblée
élue, en 2000.
Le
budget consacré aux personnes handicapées, toutes actions
et missions confondues est en hausse constante et représentera
pour la seule année 2005 plus de 63,7 M€.
Ainsi,
le Département agit sur deux fronts, à domicile et au
chapitre de l'hébergement en établissements.
Pour
l'accompagnement à domicile, il revient, à l'Institution
départementale de verser diverses prestations. Aide
ménagère, frais de repas en foyer restaurant s'ajoutent
à l'allocation compensatrice. Cette dernière lorsqu'elle
est versée pour l'utilisation d'une tierce personne,
représente une enveloppe de 17,36 M€ par an.
L'originalité
du Conseil Général de lu Gironde, c'est d'apporter des
aides à domicile qui vont au-delà des obligations légales.
Elles
concernent l'accompagnement à la vie sociale avec l'objectif
de permettre à la personne handicapée de se réinsérer
dans une vie quotidienne ordinaire. À cet égard, la
prestation assistance de vie pour les plus lourdement
handicapés, mobilise 165 200 €. Elles permettent aussi
l'acquisition d'appareillages mal remboursés par la
sécurité sociale. Elles visent enfin l'accueil de jour
en établissements dans les meilleures conditions possibles.
Au
chapitre de l'hébergement, le Conseil Général répond
aux impératifs de la loi en veillant à la qualité de
l'intégration des personnes handicapées en foyers ouverts,
en foyers d'accueil médicalisés, cela en accord avec
la COTOREP (Commission Technique d'Orientation et de
Reclassement Professionnel) mais aussi à titre dérogatoire,
en maisons de retraite. Il encourage l'accueil au sein
de familles dûment agréées.
Une
formule qui a pris son essor dans le Libournais et le
Bassin d'Arcachon mais qui reste à développer, tant
dans l'agglomération bordelaise qu'en Sud Gironde. Le
Département s'y emploie.
De
manière extra-légale, le Conseil Général a mis en place
l'accueil à titre temporaire en établissements pour
permettre aux familles de marquer une pause dans leur
accompagnement personnel très prenant. En outre, il
est demandé aux établissements d'être dotés de places
pour héberger en urgence des personnes dont la situation
le nécessite.
Un
véritable enjeu de société
« Le
plus difficile, c'est de convaincre chacun, familles,
partenaires publics, associations, qu'il vaut toujours
mieux intégrer la personne handicapée, dans ce que l'on
appelle un milieu ordinaire... » insiste Bernard Garandeau.
« Vous savez, un enfant handicapé qui est scolarisé
dans une classe parmi des élèves valides, c'est déjà
un pas énorme qui est fait... C'est vrai pour lui, pour
son intégration mais aussi pour tous les autres qui
ont beaucoup à apprendre des différences de leur camarade
et, en même temps de tout ce qui fait qu'il leur ressemble
tant. » Sur ce terrain, il y a beaucoup à faire et le
Vice-Président chargé de la Solidarité martèle : « Nous
devons veiller, y compris dans les temps de crise que
nous traversons, à maintenir et à renforcer l'emploi
des personnes handicapées. Au Conseil Général, plus
de 3 % des postes sont occupés par des agents présentant
un handicap. Nous comptons bien aller vers au moins
6 % du personnel total. Je suis personnellement favorable
à une plus grande pénalisation des entreprises qui ne
respectent pas le principe d'embaucher des handicapés.
Le MEDEF pense le contraire et il a même demandé de
réduire ces obligations ! Il faut sortir des doubles
discours. La nouvelle Loi même si elle est porteuse
de dangers, a au moins un mérite, elle va placer le
débat sur la place publique ». Voilà un véritable enjeu
qui se pose donc à nous en ce début de siècle. La juste
compréhension des attentes des personnes en situation
de handicap, leur pleine intégration peuvent apporter
ce supplément d'âme à notre société qui en manque si
souvent...
D.B
Contact
:
Direction
des actions pour les personnes âgées et handicapées
05
56 99 33 33
Service
des personnes handicapées
(poste
38 16)
Bureau
des accueillants familiaux personnes âgées et handicapées
(poste
31 87)
Derrière
les mots de la nouvelle loi …
La
Loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation
et la citoyenneté des personnes handicapées fait du
Département le chef de file des politiques conduites
en ce domaine. Face à des charges nouvelles, il est
peu probable que le jour de Pentecôte désormais travaillé
pour cause de solidarité nationale suffira à financer
les besoins qui existent autour des personnes âgées
et handicapées. Le Conseil Général devra faire face...
La
loi propose de garantir aux personnes handicapées le
libre choix de leur projet de vie grâce à la compensation
des conséquences des handicaps et un revenu d'existence
permettant une vie autonome digne. La prestation nouvelle
sera servie par le Conseil Général. Son financement
sera assuré par la Caisse Nationale de Solidarité pour
l'Autonomie (alimentée par la suppression d'un jour
férié).
La
loi prévoit d'accentuer l'accessibilité généralisée
pour permettre une participation effective et entière
des personnes handicapées à la vie sociale. Habitation,
établissements publics à mettre aux normes, voiries,
transports mais aussi l'éducation, l'emploi et la formation
sont concernés.
L'État
crée la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie.
Le Préfet de Région prend en compte et analyse les besoins.
Le Département doit donner naissance à un «guichet unique»
afin de faciliter les démarches des handicapés et de
leurs familles : la Maison Départementale des Personnes
Handicapées.
Présidée
par le Président du Conseil Général, elle est notamment
chargée de l'attribution de la prestation de compensation...
Les
transferts lourds de compétences seront-ils accompagnés
des transferts de financements correspondants ? Les
moyens humains des actuelles CDES (Commissions Départementales
de l'Éducation Spécialisée) et des COTOREP, absorbées
par une nouvelle commission des droits et de l'autonomie
des personnes handicapées, seront-ils transférés aux
Départements (et dans quelles conditions) pour faire
face à leurs nouvelles missions ?
Article
paru dans Gironde Magazine n° 61 (avril-mai 2005)
Mise en ligne : 3 avril 2005

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